Argentine : Fêtes des mères et retour dans les montagnes

Montagne aux 7 couleurs à Purmamarca

La fête des mères à Pampa del Infierno.

Juste le nom du lieu vous donne une idée de l’ambiance. En plein milieu d’une zone désertique au milieu de l’Argentine, ce village de 5000 habitants est sur la route qui va des chutes d’Iguazu à la région de Salta. Deux endroits totalement à l’opposé est distants d’environ 1200 km. J’avais prévu 3 jours de stop non-stop, car il n’y a vraiment rien à y faire ou voir au milieu à part brûler au soleil. J’avais juste oublié que j’allai tomber en plein week-end et fêtes des Mères. La fréquentation de la route allait être encore plus faible et je ne pouvais plus vraiment compter sur les camions, car peu roulent le week-end. Pour améliorer la situation, l’arrivée d’une tempête était annoncée pour le week-end. Le vendredi se passe sans problème. Le samedi en début de soirée, des nuages noirs arrivent, des éclairs se font voir au loin, des vents violents soulèvent des tourbillons de poussière et je suis sur le bord d’une route, à peine visible, à faire du stop tout en restant prêt d’une station-service où allez m’abriter au cas où cela dégénère vraiment. Une voiture, genre 4X4 de luxe, passe, s’arrête 200 mètres plus loin, fait demi-tour et vient me prendre. « C’est la première fois que je m’arrête pour un autostoppeur, je ne sais pas pourquoi je le fais aujourd’hui, mais monte quand même » me dis Olga, la cinquantaine, BCBG. Elle revenait avec sa soeur de la grande ville la plus proche où elles ont fait les courses de fêtes des Mères.

Olga, habite Pampa del Infierno, village créé par des migrants pour l’essentiel Italien. La zone est aride, l’eau est rare et doit être amenée de loin par camion… Nous nous arrêtons à la station-service du village pour que je puisse demander aux camions parqués là s’ils vont à Salta. Il n’y en a aucun et Olga me propose de passer la nuit chez elle. Elle a investi tout son salaire d’institutrice dans l’achat d’habitation et elle est propriétaire d’un bloc entier d’habitation, elle possède également l’entreprise qui à l’exclusivité de la diffusion de la télévision satellite sur la zone. Je passe le dîner avec le reste de la famille et je suis invité à passer le lendemain, jour de la fête des Mères, en leur compagnie. C’est ainsi, autour d’un assado (Genre de barbecue typique d’Argentine : Viande cuite très lentement au-dessus de braise… un régal) et de glaces (dont ma favorite : Dulce de leche con granizado – confiture de lait avec pépite de chocolat… le bonheur en sucre ) que je passerai la fête des Mères en famille. Je passerai la nuit du dimanche chez Olga et, le trafic ayant repris, arriverai le lundi soir sur Salta.

Fete des mères en famille

Préparation de l’Assado

Salta la linda… Il faudra qu’on m’explique

Salta la belle »… Tous les Argentins m’avaient vanté la beauté de cette ville et j’avoue que je n’ai pas trop compris pourquoi. Certes elle est plus propre que les autres villes que j’ai vues jusqu’là, certes la cathédrale est joliment illuminée le soir, mais à par cela, je n’ai trouvé aucun attrait particulier à cette ville. J’ai néanmoins aimé l’ambiance du marché couvert et des rues qui s’animent à la fin du jour, mais c’est surtout pour l’assado exceptionnel que j’aurai savouré dans un restaurant en compagnie d’autres voyageurs que je me rappellerai de Salta. Sensation d’avoir sorte d’orgasme gastronomique tellement la viande et sa cuisson étaient parfaites.

Le petit monde des mochileros

Le mochilero est par définition un voyageur à sac à dos. Souvent fauché, il voyage en stop ou en bus, campe ou vas dans les hôtels les moins chers. Il travaille sur la route et j’en ai vu certain faire des jongleries aux feux rouges des villes pour gagner de quoi continuer leur voyage, d’autre vendent leurs artisanats, des bracelets, boucles d’oreilles, etc. Il y a beaucoup de mochileros argentins parcourant leur pays et j’ai eu le plaisir de passer les deux dernières semaines avec plusieurs d’entre eux… Forcément, à prendre l’hôtel le moins cher partout où je vais, j’ai plus de chance de les rencontrer que d’être avec des touristes qui ont des budgets souvent plus importants. Depuis que je suis arrivé à Salta, il y a environ une dizaine de voyageurs avec qui je me retrouve d’un hôtel à l’autre souvent à plusieurs jours d’écart. On se quitte, se retrouve par hasard dans le même hôtel, on se suit via les voyageurs qui ont rencontré untel que je connais de la semaine dernière dans tel hôtel et qui trouvé tel hôtel pas cher et sympa. J’y vais, retrouve un groupe de voyageur que j’avais quitté  genre 4 jours avant. Ils ont rencontré le même gars mais à autre endroit et on suivis sa recommandation et ont eu des nouvelles de voyageurs que j’ai connu à un autre hôtel. Bref, on se croise, se décroise et c’est très sympa car il y toujours des gens cools avec qui passer du temps, s’échanger des bons plans et faire des excursions. J’ai de plus la change d’être le plus souvent avec des argentins (avec toujours un français ou deux pas loin) ce qui me permet d’améliorer mon argentin (c’est de l’espagnol d’Espagne avec entre autres des « ch » à la place des « ll », des « vos » à la place des «tu »)

La quebrada de Humahuaca

Des montagnes enfin ! Depuis la nouvelle Zélande, je n’avais pas vu beaucoup de relief et cela commençait à bien me manquer. J’aime être en montagne, je mis sens toujours bien et arrivé à Tilkara à confirmer cette règles. C’est un petit village situé a un endroit stratégique pour visiter la plupart des lieux exceptionnelle de la quebrada. Tilkara avait tout ce qu’il fallait pour me retenir 3 ou 4 jours. Des randonnées à la journée dans des paysages superbes, live music le soir dans les bars (super concert de musique traditionnelle et un autre de reggae), un hôtel (L’Albahaca… 30 pesos la nuit en dortoir) avec une ambiance familiale où on mangeait tous ensemble le soir autour de plat préparer à la parilla (barbecue) et qui se finissait toujours avec de la musique et des chansons jusqu’à 2 ou 3 heures du matin. (Impressionnant le répertoire de chansons qu’un groupe d’argentins réunis peu avoir… combien de chansons un groupe de français serait capable de connaître? et je ne parle pas que du refrain hein ?!). J’irai passer deux jours à Iruya (2700m d’altitude), probablement l’endroit le plus intéressant que j’ai vu dans la quebrada. Rien que la route pour y aller vaut le coup (dont un col à 4000m avec une superbe vue). J’y découvrirai le dulce de Callote, mangerais les meilleurs empeñadas à la viande, goûterai les petits pains en forme d’oiseau préparer spécialement pour la fête des morts, j’animerai les deux soirées en donnant des cours de danse bretonnes à mes cinq amis de voyage du moment et nous respecterons la tradition du jour où on doit manger des gnocchi.

Tilcara

Iruya, le petit bled dans le coin à droite (2700m d’altitude)

Sur la route d’Iruya

Gnocchi day a Iruya

Compagnons de voyage à Iruya

J’écris ce post depuis Salta où je suis retourné pour récupérer un nouveau Kindle qui remplacera l’autre dont l’écran à cassé (Deuxième fois qu’Amazon me le change gratuitement et m’envoie un nouveau à l’autre bout du monde, basé sur la garantie du premier que j’ai acheté il y a plus d’un an et demi. Pour cette fois, ils ont même accepté de me rembourser les frais d’importation argentins qui était supérieur à la valeur d’un Kindle neuf. Amazon sait prendre soin de ses clients… fin de la pub), faire recoller mes chaussure de trail qui ont bien souffert de plusieurs descente d’éboulis (Inutile de chercher vous-même les grottes à Tilkara, vous détruirez vos chaussures et pour une fois, c’était vrai qu’il fallait vraiment un guide pour les trouver), faire réparer mon sac à dos qui à une couture prêt de la fermeture éclair centrale qui a lâchée, laver une partie de mes affaires qui sent l’huile d’olive (oui je voyage avec mon huile d’olive pour cuisiner et n’ai toujours pas trouver un bouchon bien hermétique…à l’avenir je la mettrai dans une bouteille d’eau) et, pour l’autre partie, l’huile de poisson ( Omega3 mes amis, vous ne sentez pas bon)… Bref, mes deux dernières semaines auront été riches en belles rencontres et paysages. Demain, je descendrai vers Mendoza, capital du bon vin argentin, en passant par des vallées et des montagnes encore plus hautes et isolées… que du bon 🙂 .

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