Déjà un mois…

L’Uruguay n’est pas réputé pour être une destination touristique et c’est la principale raison pour laquelle j’étais curieux d’aller y faire un tour. Force est de constater qu’en terme de paysages, que ce soit sur la côte ou dans la petite chaîne de « montagnes » qui traverse le pays, il n’y avait rien qui m’a incité à sortir mon appareil photo (et c’est pour cela que je n’ai pas de photo pour illustrer ce post). Les locaux qui me prenaient en auto-stop ne comprenaient pas ce qu’un touriste français faisait dans leurs pays. Il y a certes en été de nombreux Brésiliens qui viennent sur les plages d’Uruguay dans une ville balnéaire hideuse (car ils se sentent plus en sécurité, dixit les Uruguayens) et les Argentins de Buenos Aires affluent également pendant leurs deux semaines de vacances… mais un français… Cela les laissait perplexes.
Pour l’occasion, tout ce que je recherchais, c’était un premier contact avec l’Amérique du Sud, commencer à pratiquer l’espagnol, voir comment se passait l’auto-stop et me trouver un endroit calme, dans la nature pour faire un jeune. Tous ces objectifs ont été largement remplis et les uruguayens rencontrés ont rendu ces expériences très agréables. Il a parfois été difficile d’être pris en stop, temps d’attente jusqu’à 2 ou 3 heures, plus souvent d’une demi-heure (sûr que cela change de la Nouvelle-Zélande… 10, 15 minutes), mais tous ceux qui m’ont pris se sont tous montrés très sympathiques. Je n’ai eu aucun problème à camper un peu partout.
Couchsurfing (réseau de gens qui se propose pour accueillir gratuitement des voyageurs pour quelques nuits) m’a permis de rencontrer plusieurs personnes très sympa. Le premier à Montevideo souhaitait perdre quelques kilos et m’a proposé un marcher : Il payait pour la nourriture et en échange, je lui faisais à manger des repas sains et équilibrés pour lui changer des plats préparés. Je n’ai pas souvent l’occasion de cuisiner et ce fut l’occasion de réviser et lui apprendre en même temps des classiques faciles à faire tels qu’une fondue de poireau (il n’avait jamais mangé de poireau avant), tomates farcies ou une soupe de citrouille au lait de coco. Les prix de la nourriture étant similaire à l’Europe, c’était également un bon plan pour mon budget.

Ma seconde expérience fut avec un couple qui construisait une maison en bois et paille. Le gros de l’ossature était en place et je leur ai proposé de venir leur donner un coup de main. Comme par hasard, depuis les dernières semaines, les constructions en matériaux naturels, principalement enterrés telles que les Earthships (lien) étaient mon principal sujet de lecture. Pusieurs de leurs amis faisaient des maisons aux  alentours de la même manière et j’étais très intéressé par leurs techniques de construction. Ossature et parement extérieur bois, l’isolation était constituée d’une mince couche de paille (20cm) recouverte d’un enduit intérieur en terre et chaux. Cela rendait certes une belle finition intérieure, mais l’isolation était déplorable et ils devaient chauffer au gaz, car la paille n’était au final qu’un support pour tenir la terre et l’épaisseur n’était pas suffisante. De plus, de par le terrain sableux, leurs maisons étaient sur pilotis et ils perdaient ainsi toute possibilité d’utiliser l’inertie thermique de la terre pour stocker de la chaleur. Il y avait toutefois des idées intéressantes : toilette sèche, filtrage des eaux grises par des plantes dans des bassins extérieurs. Le chantier avait démarré il y a un an et ils venaient y passer tout leur week-end. Ils faisaient tout eux même, les planches étaient brutes et ils estimaient leur coût total de construction à 7500 €.

Je voulais faire un jeûne sérieux depuis au moins 2 ans, mais n’avait trouvé ni le temps, ni des circonstances favorables. Mes jeûnes précédents (en général 2 fois pas ans) n’avaient jamais duré plus d’une semaine et c’était fait exclusivement à l’eau. Je voulais essayer le jeune sec, sans eau donc, qui apparemment permet d’éliminer plus rapidement les toxines accumulées au fil du temps dans le corps. La lecture de plusieurs ouvrages sur le jeûne m’avait également motivé à essayer de faire un jeûne aussi long que mon corps pouvait tenir, c’est à dire, jusqu’à la réapparition de la sensation de faim. C’est ainsi que je suis allé camper au milieu de l’Uruguay, près d’un canyon avec l’idée d’y passer les 3 premiers jours que je voulais faire sans eau. Contre toute attente, cela a été facile. Malgré une marche sac au dos de 8 km sous le soleil le premier jour, j’avais un excellent niveau d’énergie et aucune sensation de soif. Les premiers symptômes de déshydratation arrivèrent le deuxième jour : la tête légère, une mauvaise circulation sanguine au niveau des extrémités. Baisse d’énergie bien que toujours capable de faire une marche de 4km. Bien fatigué le troisième jour, légère migraine. Néanmoins, je n’avais bizarrement pas soif et aucune crampes. J’ai recommencé à boire le matin du quatrième jour. Je devais me refaire les 8 km de marche sous le soleil pour retourner à la route principale et cela me semblais une bonne raison pour réintroduire l’eau. Bref, je vous passe les détails, mais j’ai maintenu ce jeûne pendant 16 jours, eu une sérieuse baisse d’énergie entre le jour 7 et 10 tout en restant capable de faire du stop, dormir dehors à 5 degrés (parait beaucoup plus froid si l’on n’a rien mangé) avant d’aller mieux. Le 16ème jour, j’ai eu faim et contre toutes recommandations (réintroduire progressivement sur autant de jours de jeûne de la nourriture de plus en plus « solide ») disons que je me suis goinfré d’avocats et de noix. Plutôt paradoxale vue la capacité de contrôle sur moi que j’ai exercé pendant 2 semaines. Sans surprise, légère douleur intestinale pendant 2 jours, mais 3 jours après, tout en gardant une alimentation normale, tout va bien. Perte de graisse notable sur les hqnches et probablement d’un peu de muscles. Il m’a fallu 2 minutes de plus pour finir un circuit de pompes, pull-up et autres exercices intenses que je faisais en 22min avant le jeûne. Est-ce que je referai cette expérience ? Oui, sans aucun doute, mais ce sera cette fois en été, car la sensation d’avoir froid qui ne m’a pas quitté pendant 2 semaines était probablement le plus dur à supporter.

Depuis bientôt une semaine, je suis chez une amie qui habite à Rosario, ville au nord de Buenos Aires. J’y suis incroyablement bien, je découvre une ville intéressante, apprend grâce à elle de nombreux aspects de la culture argentine et profite de ces excellentes conditions pour travailler sur un site internet visant à rendre accessible aux francophones les bases d’un régime alimentaire de plus en plus populaire outre-Manche, dit paléolithique. Je partirai dans quelques jours dans le nord de l’Argentine pour voir les cascades d’Iguazu et irai faire une semaine de woofing dans une ferme des alentours… non pas que j’ai besoin de faire des économies comme en NZ ou que le travail physique me manque particulièrement, mais j’aime bien rester de temps en temps dans des familles et c’est un bon moyen de s’imprégner de la culture du coin.

Sur ce, portez-vous bien et à propos de se porter bien, si vous ne l’avez pas encore regardé, je vous conseil vivement ce documentaire de Marie-Monique Robin. [youtube http://www.youtube.com/watch?v=Gpp7b0oCjI4]Notre poison quotidien

 

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1 réponse

  1. fguern dit :

    Toujours autant fan des jeûnes à ce que je vois. Il m’en faudrait un bon après la fin de rédaction d’ailleurs : 5kg pris ces 5 derniers mois ! Tu as l’air d’aller bien, c’est cool ! et toujours le temps de geeker et de mettre à jour ton template de blog on dirait 😉

    Take care,
    f.

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