Little stories on the road II

Plus d’un mois depuis le dernier article. Je suis aujourd’hui en Azerbaïdjan et m’apprête à prendre le bateau pour le Kazakhstan. La Turquie et la Géorgie sont deux pays dans lesquels j’ai eu beaucoup de plaisir à voyager. Les montagnes sont magnifiques et les gens d’une incroyable générosité. Mon russe s’améliore et me permet d’avoir des échanges de plus en plus intéressants avec les gens. Demain, Inch Allahn je serai au Kazakhstan et traverserai le pays en direction du Kyrgyzstan (ne vous inquiétez pas pour moi, je resterai dans le nord du pays).

J’écris de temps en temps sur la route en prévision de poster sur ce blog. Mon problème et que je ne suis souvent pas satisfait des articles. Je me demande souvent s’il y a des éléments qui m’ont échappé…par exemple, j’ai eu l’impression que les Turques sont autant musulman que les Français sont catholiques… Les gens suivent la religion quand ça les arrange. L’appel à la prière ne fait pas plus d’effet dans le comportement des gens que des cloches qui sonnent. Même le vendredi est un jour comme les autres. L’alcool est en vente partout et consommé sans se cacher.

La question du voile fait souvent l’actualité en Turquie. Il est par exemple interdit aux femmes de porter le voile quand elles vont à l’université ou travail dans l’administration. Il est intéressant de voir le foin qui est fait autour de cette question en France alors que même un pays considéré comme musulman (c’est en tout cas un des arguments utilisés contre l’adhésion de la Turquie à l’UE) l’interdit.

Je n’ai pas visité un pays musulman où la religion est pratiquée de la même manière et au sein même de la Turquie, il y a des disparités. Je suis resté dans des endroits urbanisés, à l’Ouest et au nord du pays et je sais que quelqu’un visitant l’est du pays aura eu une expérience bien différente de la mienne. Cela me pose alors un peu problème de parler de la Turquie sachant que je n’ai pas visité l’ensemble du pays et que je n’y suis resté que trois semaines. Je ne pense pas que cela soit assez pour comprendre ce pays.

J’envie ces journalistes qui ont le temps de faire des recherches avant d’écrire leurs articles. Je n’ai pas ce temps-là et c’est peut-être une erreur de ma part, mais c’est ce qui me retient d’écrire des articles sur certains sujets qui me semblent trop intéressants pour être bâclés. Je peux vous faire du résumer de pays en 10 lignes, je l’ai fait, mais ce n’est pas ce que je prends plaisir à écrire.

Pour cet article, il ne s’agit que de petites notes disparates que j’ai prises dans mon carnet et j’ai pensé que cela pouvait aussi être une manière de vous raconter mon voyage. Dites moi ce que vous en pensez et n’hésitez pas à donner votre opinion surtout si vous n’êtes pas d’accord avec moi. A voyager seul, il est parfois difficile d’avoir du recul et des opinions extérieurs sont le bienvenus.

Malade du domicile

J’ai la maladie du domicile. Une période prolongée de domicile (entre 2 semaines et 3 mois) laisse apparaître chez moi une déprime, un sentiment d’ennui profond. Je me suis soigné, mais le remède est tellement bon que j’en suis devenu dépendant. Docteur, j’ai la maladie du Voyage ! Le voyage est devenu un besoin et le satisfaire et plus ou moins facile à gérer. Il demande un minimum de moyen, du temps libre et des sacrifices. J’ai décidé de ne pas me soigner, d’ailleurs, je ne vois pas comment je le pourrai et pour le moment, ce serait dommage d’arrêter vu que je vis bien avec cette maladie. Voir la maladie du voyage évoluer est une expérience qui m’intéresse : régressera-t’-elle naturellement avec l’âge ? Peut-on être fatigué du voyage ? Se lasser ? Une pulsion nomade une fois libérée peut-elle être remplacée par une autre ?

Un soir en Géorgie

Es-tu une personne religieuse ? Crois-tu en la sainte Croix ? Telles sont les questions que me posa Anna. Je sentais une grande bonté en elle et sa joie de vivre  venait de faire irruption dans la cuisine de cette famille d’Ipari (Svaneti, Georgie) qui m’offrait leur hospitalité ce soir là. Elle était voilée, mais même sans voir ses cheveux, j’avais en face de moi la plus belle fille que j’ai pu voir en Géorgie.  Il était également surprenant qu’elle parle si bien anglais d’autant qu’elle avait arrêté les études au collège. Elle avait juste eu un bon professeur de langue dans son village. La communication étant aisée, elle me demanda pourquoi à 24 ans, l’âge idéal selon elle, je n’étais pas marié. Je lui expliquai et lui retourna la question, les filles de son âges étant normalement toute mariée et, après avoir un peu insisté, elle m’avoua qu’elle voulait entrer au couvent. Nous passâmes alors la soirée à discuter de religion, un sujet que j’affectionne particulièrement.

Ce soir-là, j’ai appris 3 choses :

  • Les chrétiens orthodoxes idolâtrent Marie autant sinon plus que certains catholiques et cela ne se discute pas (trop).
  • Il y a du fromage en Géorgie qui égale largement en puanteur un bon fromage français
  • Je crois en beaucoup de choses, mais je ne m’étais jamais posé la question de la sainteté de la croix qui était en l’occurrence orthodoxe. Ce dont je suis sûr, c’est qu’une fille comme Anna ferait bien plus de bien autour d’elle à l’extérieur qu’en bonne soeur. Si les beautés de la région de Svanéti sont dans la magnificence de ses montagnes et la gentillesse de ses habitants ; la plus remarquable à mes yeux sera bientôt dans un couvent.

Dans les autobus

Dans les autobus de Tbilisi et Baku, les gens payent en liquide le chauffeur à la descente. Cela occasionne parfois des embouteillages dans le couloir, car tout le monde sort par la porte avant (les autres étant fermées) et le chauffeur doit prendre le temps de rendre la monnaie. Néamoins, cela à plusieurs avantage pour la compagnie de bus car elle ne paye pas de contrôleurs, les gens n’osant pas sortir sans payer du bus. Elle n’a pas non plus à organiser un système de billetterie (ticket et machine à poinçonner). Quand je vois ce système si simple et peu coûteux et qui fonctionne dans des villes de plusieurs millions d’habitants, je ne comprends pas ce qui motive les compagnies de bus en France à complexifier et informatiser leurs systèmes. Nous suivre à la trace dans leur réseau de transport et faire des statistiques quant à l’utilisation du réseau ? Les coûts engendrés pour la compagnie et sa répercussion sur les tarifs pour les passagers en valent-ils la peine ? Quelque chose m’échappe…

Prends moi pour un imbécile

Frontières Georgie – Azerbaïdjan : À 50 mètres du poste frontière azéri, le douanier coté géorgien contrôle mon passeport et me demande sans rigoler « où voulez-vous aller ? » … Sérieusement, qui s’est déjà trompé de frontière ?


Auto-censure ?

Il y a des choses qui ne sont pas bonnes à écrire, car pouvant être mal interprêtées par certaines personne. Je ne me gène souvent pas pour dire de vive voix ce que je pense sur certains sujets comme ces musulmans étrangers qui demande une tolérance vis-à-vis de leurs religions une fois en France, tolérance qu’ils n’accorderont pas aux autres religions dans leurs propres pays, l’attitude de pays africains qui viennent mendier des milliards d’aides au sommet de Copenhague, des pays qui vivent de l’aide extérieure et qui vont ensuite se plaindre que des pays comme la France soit rester dans une logique de Colonisation. Seulement, l’écrire me pose un problème.

Ce sont des sujets sur lesquels je n’ai pas d’opinion vraiment arrêtée considérant que je manque sans doute de connaissances pour cerner des sujets sensibles où l’on se fait vite taxer de raciste ou d’intolérant. Cela me posait un problème d’être taxer de raciste ou d’écrire des articles portant à controverse sur un blog dont je mets l’adresse sur mes CV.  Sachant que je ne vais pas chercher un job sérieux pour les prochaines années, dois-je vraiment continuer à m’autocensurer ?

Évolution de mon matériel

Perdu

  • Mon chèche (perdu sur une porte de salle de bain à Milan) : Ce chèche/pantalon/chapeau de soleil/serviette de bain (ce qui lui aura été fatal) et remplacé par mon T-shirt de rechange. Je le noue avec les manches autour de ma tête pour en faire un chapeau, je l’utilise comme serviette de bain. Il est juste trop court pour faire office de pantalon (ou alors c’est sexy)
  • Bob (perdu sur une route de Samothrace) : remplacé par le t-shirt, mais je perds le look si sympathique du bob et la protection pour le devant du visage.
  • Un caleçon (perdu dans un camion turc alors qu’il séchait sur mon sac) : Pas remplacé, un caleçon fait l’affaire.
  • Couteau suisse (perdu à Thessalonique) : remplacer par un autre couteau suisse plus lourd et sans lame bloquante que m’a donnée une bagpackeuse polonaise rencontrée sur une route de Turquie. Trop gentil.
  • Boucle de ceinture de mon sac à dos (perdu à Baku je ne sais pas comment) : je boucle la ceinture avec un simple nœud. Efficace, mais moins pratique que le clip.

Ajouté

  • Un pantacourt : Donné par (pub) le gérant du rabbit pizza de Sarbourg (fin de la pub) alors qu’il nous avait invités dans sa famille en Turquie. Plus confortable que mon pantalon quand il fait chaud. Tiens bien le coup jusqu’là.
  • Une housse isotherme pour bouteille : oublié par des touristes français sur un ferry à Istambul
  • Un petit guide de conversation pour le chinois : Donnée par un bagpackeur tchèque rencontré en Azerbaïdjan, je lui ai filé mes cartes de Géorgie en échange.
  • Deux livres : donné à un blege sur la route en échange de « terre des hommes » de St exupery
  • Un Tupperware : utile pour stocker de la nourriture fragile ou des salades de pâtes quand j’ai accès à une cuisine.
  • Un Opinel N10 : Cadeau de Julie qui me sert de lame fixe (ce que n’a pas le couteau suisse)
  • Des semelles antiodeur : salutaire dans des sandales en synthétiques. Évite de longs moments d’inconforts dans les voitures « va-t-il sentir l’odeur de mes pieds ? »
  • Petit lecteur usb mp3 : Remplace l’Archos. Pratique pour les écouter de la musique sans vider la batterie du PC
  • Un savon qui fait shampoing : super produit acheté à Thessalonique
  • Gant de toilette / housse savon : Trouver dans un hammam d’Istambul. Il sert à la base à faire des gommages. Un peu agressif mais pas inutile.
  • Une lame de scie à métaux : à garder le temps que je me décide à faire un réchaud en boite de conserve. Sert aussi à réparer les arceaux de tente qui cassent.

Enlevé

  • Archos : Lourd pour une utilisation limitée. Remplacé par le lecteur MP3
  • Short de bain : Le caleçon fait l’affaire

En résumé :

Pas mal de perte pour seulement 2 mois de voyage. À ce rythme, j’aurai perdu trois ou quatre fois l’intégralité de mon matériel d’ici mon retour en France. Le plus embêtant est sans doute la boucle de ceinture du sac, car cela ne se trouve pas facilement en magasin. La perte du couteau suisse aurait pu être aussi un problème (plus d’ouvre-boîte et de lame) mais j’ai eu la chance de pouvoir le remplacer par un ensemble opinel + couteau suisse plus lourd, mais peut être plus fonctionnel.

Pour une fois, j’ai deux pantalons. J’aime beaucoup le confort du pantacourt, mais il trouvera vite ses limites une fois en zone à moustiques.

Le t-shirt de rechange comme chèche me satisfait. Le problème est que le t-shirt en laine se dégrade rapidement avec la friction des bretelles du sac à dos. Je vais bientôt me retrouver avec un seul t-shirt présentable (je ne peux pas me présenter en loque dans une ambassade). Je vais probablement en acheter un sur la route.

Dans le genre dégradation rapide, les sandales ne sont pas mal non plus. Il faut dire que je les porte tout le temps même en montagne. L’extérieur et la semelle tiennent le coup, mais la doublure intérieure se déchire.

Pour le reste du matériel, j’en suis très satisfait. Je me suis fait au confort du matelas de sol, la tente à tenue sous plusieurs orages, le sac de couchage perd ses plumes, mais ce n’est pas plus mal pour le moment, le sac à dos est toujours bien confortable, le notebook est formidablement pratique, etc.

Ce qu’il me manque, c’est un petit appareil photo numérique. En effet, il y a pas mal de moments où sortir le « gros » reflex me pose un peu problème et je rate quelque bon cliché que j’aurais pris si j’avais eu un APN plus discret. Les gens ne comprennent pas que je puisse avoir appareil aussi couteux et que je sois à dormir dehors et à faire du stop. J’attendrai d’arriver en Asie du Sud-est pour en acheter un, cela devrait être moins cher.

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3 réponses

  1. arzur dit :

    Jojo ! Grande nouvelle ! J’ai acheté un nouveau caleçon. J’avais eu du mal dernièrement à trouver des moments pour laver mon unique caleçon car j’étais invité tout le temps. Donc là, j’ai un peu plus de souplesse.
    Le Bob à peut être pas le meilleur look mais il protège bien du soleil pour un encombrement inférieur à un vrai chapeau qui s’abimerai dans mon sac quand je ne l’utilise pas… et puis si j’achète un chapeau, il serait un peu dans le style Indiana Jones… Pour voyager et pas trop me faire repérer comme touriste, je préfère encore le bob.
    Finalement, j’ai acheté une sorte de casquette (genre militaire, sans motif et visière courte) car si je continue en climat chaud, mon tshirt de rechange et ex chapeau se salie autant que celui que je porte donc au final je me retrouve sans rechange propre ni serviette de bain. C’est mal.

    Cela ne me dérange pas d’être sale tant que je suis seul mais c’est plutôt moyen quand on t’invite. J’en arrive à la conclusion que l’Hospitalité, c’est pas MUL : tu te charges en vêtement propres et parfois même (en Georgie et Azerbaidjan ) tu repars avec 1L de cognac ou d’alcool. Donc pas MUL mais l’hospitalité vaut le coup d’être moins MUL d’où l’achat de vêtement 😉

    La scie à métaux ne m’aura au final pas servie pour faire le rechaud. J’ai tout fait avec un couteau suisse…je sais pas si je la garde ou pas car mes arceaux de tente on peu de risque de casser vu qu’ils sont « préformés » donc pas trop de tension dessus.

    Il y a bien un correcteur orthographique mais il est plus nul que moi pour la grammaire et je lui fais parfois trop confiance.

    Toi pas choqué avec en plus un compliment sur ma manière d’écrire ? Même pas drôle… Je ferais un effort pour le prochain 😉 D’ailleurs, si je vais en Inde ou même en Chine il devrait peut être y avoir matière à choquer un Jojo.

    La Bise

  2. Jonatharzan dit :

    Aaaaaaah ca ca fait plaisir mecton ! T’as meme pas reussi a me choquer ce coup-ci ! Trop nul he ! Hahaha !

    Il y a quand meme 2 ou 3 trucs qui m’ont fait violence :
    – le look sympathique du bob… pfff ha ha ha… je pensais que le look de tete de pine que ca donne etait assez evident pour tout le monde… sauf toi peut-etre ! Mais bon hein, la notion de beaute est subjective hein, c’est ce qu’on dit… (humour humour, bien sur)
    – le tupperware et la lame de scie a metaux : t’as de la chance que j’avais pas pose de brevet sur les idees, ha ha. Content que ca serve.
    – tu commences a ecrire vraiment bien (selon mes gouts bien sur) malgre ton manque de connaissances orthographiques (personne n’est parfait). N.B. Y’a pas de correcteur sur ton Notebook ?

    Sinon tes aventures sont aussi delectables que les descriptions que tu en fais et la bonte des gens que tu rencontres fait vraiment plaisir a lire, meme si j’etais deja « sensibilise » au sujet. Et enfin les questions que tu te poses sont vraiment interessantes et j’espere que tu les approfondiras durant ton periple. Au passage, je suis d’accord avec le commentaire de Franck qui dit qu’il est important de savoir « pourquoi » on a la maladie du voyage, surtout que ce sont souvent plusieurs facteurs lies qui y ont pousse.

    Bonne continuation mon poulet, et lave ta quequette aussi souvent que ton calecon, gros degueulasse de Francais !!!

  3. Franck dit :

    Salut Pierre,

    c’est super de pouvoir suivre tes aventures. Pour ce qui est de la démangeaison du voyage, profite en pendant que tu l’as et que tu n’as pas d’attaches personnelles ou professionnelles, tu verras bien ensuite. Je connais un couple qui a voyagé toute sa vie, entrecoupé de périodes de boulot ; ils n’ont pas d’enfants mais c’est un choix qu’ils ont fait et qu’ils assument.

    La question est plutôt de comprendre ce qui te pousse à voyager sans cesse : envie de découverte, recherche de toi-même, fuite en avant, quête spirituelle… la liste peut-être longue, à toi d’en juger.
    Pour ma part, je n’ai pas voyagé depuis maintenant 2 ans, je ne peux pas dire que ça ne me manque pas mais je fais autre chose de mon temps, je construis ma vie autrement, à 2, à 3…

    Concernant l’auto-censure ou l’objectivité de tes articles, je pense que le plus important est vraiment d’écrire ce que tu ressens au fond de toi et tant pis si tu écorches les opinions des autres ou si tu es à côté de la plaque par manque de recul. C’est ton carnet de bord, pas un article de journaliste. Personnellement, je pense que l’objectivité est restreinte et que nous percevons tous le monde par le filtre de notre propre subjectivité. Fais-nous donc découvrir le monde par tes propres yeux, on en reparlera après.

    Bonne continuation et prends son de toi.

    Amicalement,
    Franck

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