L’ouverture d’esprit made in Hippiland

En Inde, vous trouverez en masse un type de touristes, souvent jeunes, très sympathiques, mais parfois agaçants et je m’en explique. Je l’appellerai néo-hippie (je ne pense pas inventer le concept mais je n’ai pas internet sous la main pour le vérifier).

Le néo-hippie est un individu se prend pour un hippie, mais qui n’en est qu’un dérivé commercial et édulcoré. Je ne sais pas ce qu’est un « vrai » hippie et ne connais pas grandes choses des idées qui circulaient dans ces mouvements à part le fameux Love and Peace. Ce que je constate, c’est que le néo-hippie se réclame et s’habille comme le brave qui partait vers l’Inde par la route, en auto-stop ou en fourgon à travers l’Iran et le Pakistan. Une superbe aventure en soit. Le néo-hippie lui, aura pris un avion et, une fois arrivé en Inde il ira s’acheter des vêtements, pantalon bouffant et turban, sortent d’uniforme lui permettant d’être reconnu par les autres néo-hippies comme faisant partie de la famille. Le néo-hippie vient en Inde car ces potes lui ont dit que c’était un super endroit pour une expérience spirituelle intense, comprendre la vie, bref, s’ouvrir l’esprit.

Le néo hippie ira donc s’ouvrir l’esprit avec ces compatriotes tout aussi hippies que lui. Il ira faire une semaine de Yoga à Rishikech puis, la réalité de l’Inde semblant trop dure à voir pour lui ou ne l’intéressant pas vraiment, il ira finir de s’ouvrir l’esprit dans une communauté d’Occidentaux fumeurs de pets. Il rentrera en Europe, rangera ces fringues, gardera le bracelet indien en souvenir et se rappellera avec nostalgie de ce pays où l’herbe ne coutait rien. Alors, peut-être ce demandera t’il quel était l’intérêt de venir en Inde si c’est pour rester entre Occidentaux, vivre en communauté et fumer des pets.

Le néo-hippie donne des leçons commençantes par « si tu es assez ouvert d’esprit tu comprendras…» en s’imaginant peut être que son dernier pet ou le simple fait d’avoir le costume hippie fait de lui quelqu’un ouvert d’esprit. Le néo hippie à sa définition à lui des endroits “cools”. Par exemple, il me dira qu’il y a des endroits formidables en Thaïlande et que ce qui rend l’endroit intéressant et le fait qu’on peut encore fumer des pets en toute liberté. Si je lui demande s’il s’agit d’un village avec des locaux, il me répond qu’un s’agit d’une île blindés de gens « ouvert d’esprit » et de bars sur la plage.

Le néo-hippie est un pur produit marketing. Il se croit libre penseur, libéré de la société de consommation, il est « alternatif » et son voyage en Inde fera de lui un « vrai de vrai ». De ce que j’ai pu voir, il est avant tout un individu accroché à son pet et content d’avoir trouvé une communauté de personne qui partage sa dépendance. Il peut même inscrire son addiction dans le mouvement hippie en se déguisant un peu : une sorte de justification à sa vision du monde limitée au bout de son pétard.

Le fait d’être un produit marketing qui se prend pour ce qu’il n’est pas ne me pose pas de problème. Ce qui m’agace et le fait qu’il s’identifie à des gens auquel ils n’arrivent pas à la cheville. Il joue au hippie qui est arrivé en Inde dans les années 60 alors qu’il n’aurait jamais eu le courage de faire le voyage que ces derniers ont fait par la route à l’époque depuis l’Europe ou les USA. J’ai du respect pour ce brave qui a tenté l’aventure et aujourd’hui, j’ai le sentiment que des rigolos s’imaginent suivre sa trace.

Bref, si tu es un hippie, tu as fais l’Inde dans les années 60 ou tu ne penses pas être un dérivé commercial du mouvement ou, si tu t’es sentis visé comme faisant parti des “rigolos” (au fait, j’aime bien tes vêtements colorés), tu penses que tu as quelques chose à voir avec un hippie : Ton avis sur le sujet m’intéresse. Merci de le mettre en commentaires.

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5 réponses

  1. Mathieu (de Caro et Mathieu) dit :

    Salut Pierre,

    Bon, on dirait que tout roule pour toi, même si le départ du Kirghizistan s’est avéré un peu plus épique que prévu. La corruption, ce qu’une amie Kazakh appelle modestement « tricherie », est bien monnaie courante tout là-bas, no surprise… Tu t’en sors bien on dirait en tout cas. Et ça c’est cool.

    Nous, comme tu peux l’imaginer, nous sommes de retour au pays que tu apprécies tant, ou au moins dans sa capitale, qui te passe le bonjour.

    Ton article est très marrant, et ne m’étonne pas beaucoup en fait. Il y a certainement eu des hippies plein de bonnes intentions dans les 60’s, voulant changer le monde avec des fleurs, opposés aux méchants-qui-faisaient-la-guerre-aux-gentils-vietnamiens.
    Il y a eu également parmi eux d’excellents musiciens… Mais ils étaient pour la plupart des groupes de jeunes sans repères, complètement défoncés à l’acide et surs que le fait de fumer des joints allait arrêter la société de consommation. Petit épisode de South Park sur le sujet si tu as un peu de temps (20min, streaming ou dl) http://www.megaupload.com/?d=AUT14K6B – très drôle, et où Cartman fait encore preuve de ses « qualités ».

    Bref, bonne continuation, ce fût un plaisir de te croiser. Et qui sait, peut-être aurons-nous la chance de partager une autre bière d’ici quelques temps !

    Kenavo

  2. Franck dit :

    Bien envoyé Pierre ! je partage cette analyse même si je suis moi-même tombé un peu dans le panneau quand j’avais 20 ans (houla, ça commence à dater…) mais je n’avais pas fait la route et vivais ma « révolution » babos dans un petit bled paumé de la Corrèze, cigarette rigolote au bec 🙂
    Chacun sa route, pas évident de se trouver ou de s’y retrouver dans tous ses modèles qui parfois n’en sont pas. De là à le revendiquer haut et fort et tomber dans l’intolérance, il n’y a qu’un pas…
    Bonne route et merci pour tes articles l’ami.

  3. arzur dit :

    Merci pour ce commentaire. Maintenant, j’en sais un peu plus sur « les hippies d’origine » 😉
    Bisous à toute la famille

  4. ciss ber & selma dit :

    Hi Hi Hi !!!! Très fine analyse mon pote… En tout les cas ça m’a bien fait marrer de lire ton petit article. J’imagine carrément le genre « néohippie »!!!
    Après, sans vouloir vexé personne, les « hippies d’origine » (ceux des 60’s 70’s), étaient déjà pas mal dans la représentation et l’appartenance à des « familles » qui prouvent une intolérance certaine sous couvert d’ouverture d’esprit. Tout ce qui n’est pas cool et ouvert comme eux sont forcement coincés, arrierés, voir fascite ou machiste etc… De ce (ou ceux) que j’en connais c’est plus le LSD ou les pets qui ouvraient les esprits qu’une quelconque remise en question, et déjà, ils se rassemblaient entre occidentaux fuyant une société qu’ils se sont empressés de se recréer miniaturisée. Y reste la libération sexuelle… Ca on peut pas leur enlever!!! Et puis de la bonne musique, de la bonne litterature, une réelle recherche artistique que la nouvelle génération ne semble pas perpétuer.
    L’idéologie était (et reste) bonne d’ailleurs, surement bien trop bonne en face des vices et des tares de notre bonne vieille race humaine. Le naturel revient toujours au galop !!!
    En tout les cas les neo hippies doivent faire preuve d’un optimisme exteme pour croire en la paix dans le bordel dans lequel on vit, et en l’amour libre à l’heure des MST !!:(!

    Allez sans rancunes… Ciao ciao tt le monde.
    Pierre, on t’envoi de bonne vibes sur ta route.

    Ber et la petite famille

  5. volgapop dit :

    Superbe article, très bien écrit! C’est toujours un plaisir de te lire, ça me change de mon quotidien!

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