Péripéties autostoppeuse de Bretagne à Prague.

Update du 11/01: Le retour ou la moitié de l’Europe en 4 voitures et une journée et demi.

Le retour fut bien plus facile. Il ne m’aura fallu qu’une journée et trois voitures pour aller de Prague à Paris. J’ai commencé le stop à 11h de Prague pour arriver à 21h à Paris. Temps d’attente cumulé sur la journée : 15 min. Ma chance fut une voiture qui allait en France et qui m’a pris à la frontière tchèque. Le gars , un polonais qui travaillait  pour la commission européenne sur la législation du transport ferroviaire, était pressé de rentrer et faisait du 170 voir 200 km/h sur les autoroutes allemandes. Dire que je pensais mettre au moins deux jours,  j’ai vraiment eu de la chance. Le Paris – Rennes ne me prit qu’une voiture et deux heures d’attente à la porte d’Orléans.

Je suis parti le samedi à 15h de St Méen (40 Km de Rennes) et suis arrivé le lundi soir à Prague. Ce fût un trajet plutôt difficile comparé à d’habitude. Le froid, le fait de passer deux nuits dehors et surtout, un stop difficile en Allemagne avec des petites erreurs stratégiques de ma part ne m’auront pas simplifié le trajet.

La première après-midi fut une journée de stop idéal. Je venais d’arriver sur la voie express près de St Méen qu’une voiture, sans même que j’eus le temps de tendre mon panneau, s’arrêtait. Elle me déposait sur une station-service avant Rennes et voilà que la première personne que je vois et un breton à Paris qui accepta direct de m’emmener là-bas. J’en étais même surpris tellement la journée s’annonçait bien. Guillaume est inspecteur des finances au Trésor et grâce à lui, pour la première fois en trois ans, je finirai le trajet en voiture sûr du Maria Callas. Il me déposera à une station-service sur la bonne autoroute pour aller vers l’Est; une chance, car le stop de nuit à la porte de Bercy ne m’inspirait pas beaucoup.

Je trouvai rapidement deux autres voitures allant vers l’Est (discussion intéressante au passage sur « Into the wild » qui était un éloge de la connerie, dixit une mère qui était énervée à l’idée que mes parents me laissent voyager dans des conditions qu’elle ne ferait pas vivre à un chien, du genre, dormir dehors par ce froid ) et c’est ainsi que vers 20h, j’ai planté ma tente derrière une station-service non loin de Verdun.

La nuit fut un peu froide, autour de moins sept degré et bien que le sac était sensé être performant à moins cinq, je me suis réveillé à cause du froid vers 3h… Cela m’apprit à garder une polaire en plus sur moi pour les nuits suivantes.
J’arrivai en Allemagne le lendemain vers 12h après 1h30 à démarcher les gens dans une station-service. Période de vacances oblige, beaucoup de voitures étaient pleines à craquer; un mauvais point pour moi. Je me suis fait déposer à un ancien poste frontière et peu après, un italien me prenait…Ce fut le premier des 3 Italiens qui allaient me prendre pour traverser l’Allemagne. L’Allemagne n’est pas un pays facile pour le stop car d’un, il y a beaucoup d’autoroutes et qu’il est difficile de trouver la bonne station avant un embranchement et les gens qui vont dans la bonne direction; que de deux, les Allemands ne sont pas prêts à prendre les auto-stoppeurs autant que les Français (du nord) et que, trois, leur police est très efficace.

Je réussi à me retrouver sur l’autoroute qui va presque en ligne droite de Heilbronn à Prague sauf que, à 17h j’attendais depuis 2h dans une station avant que l’autoroute se sépare, pour aller soit vers Prague, soit vers le Sud. Manque de chance, les automobilistes allaient presque tous en suisse ou à la montagne. Lasser d’attendre, j’acceptai la proposition de Judith qui pouvait m’emmener vers l’Est, à 50km de Nuremberg, mais via une autoroute plus au nord et qui allait me faire quitter l’autoroute principale vers Prague via Nurnberg. Première erreur donc, puis, seconde erreur, je me suis fait déposer à une sortie d’autoroute à proximité d’une ville alors que j’aurai du m’arrêter dans la station essence, certes à 50km derrière. Je plantai la tente pour m’endormir tout habillé dans le sac de couchage. Ce fut une bonne idée, la nuit fut confortable alors qu’il avait fait moins huit (dixit les policiers qui allaient me choper le lendemain).

Galère en Allemagne

Le lendemain, dernière journée de stop, je ne suis qu’a 4h de Prague, mais j’allai payer des erreurs de la veille : ne pas être sur la bonne autoroute et faire du stop sur une petite sortie d’autoroute où personne ou presque ne passait. Je décidais de faire un kilomètre à pied sur l’autoroute, ce qui m’aurait emmené à la sortie menant à Nurnberg. Je le sentais et cela n’a pas raté, 10 minutes après, une voiture de police s’arrêtait, ma présence leurs avait été signalé par des automobilistes qui les avaient appelés. Ils ont la dénonciation facile dans ces pays…Pas étonnant que je me fasse autant chopper en Autriche ou en Allemagne vu que les gens appellent la police au moindre comportement louche. Cela ne me serait certainement pas arrivé en France, du moins pas aussi rapidement et cela aurait été plus dû au hasard qu’a une dénonciation.

Enfin bref, comme d’habitude jusque-là, les policiers sont très gentils avec moi et acceptent de m’emmener à un endroit plus sympa pour faire du stop, en direction de Nurnberg bien qu’ils me conseillaient d’aller via un autre chemin (que je prendrai en partie après un aller-retour à Nurnberg). Ils me déposèrent à une aire de repos où j’allais trouvé rapidement une voiture pour une station essence à côté de Nurnberg. Manque de chance, j’étais toujours sur la mauvaise autoroute, la bonne passant qu’à 3 kilomètres de là. Je n’allais pas tenter une fois encore de marcher sur l’autoroute. Je suis resté donc 2h sur la station à démarcher des gens aux voitures pleine ou allant sur Berlin. Je me résignais à changer d’itinéraire et à prendre la route de Berlin sur 50km avec des Italiens (adorablent) et de continuer vers la République tchèque via des nationales et un routier qui m’a filé un gâteau au chocolat formidable (cela change de ma nourriture à base de cookies…Oui, je n’ai pas faim ni ne fais attention à ce que je mange quand je fais du stop). C’est ainsi que je me suis retrouvé en pleine nuit sur une route en montagne, la neige autour de moi et éclairé à la lueur des phares des voitures qui ne s’arrêtaient pas.

Un Mafieux, un vrai!

La situation était loin d’être idéale, un peu dangereuse, car je n’étais pas visible sur la route… Puis une voiture s’est arrêtée et j’ai fait la rencontre d’un mafieux. C’est un français de Kabylie qui fait de l’import-export de Crystal. Il est très content de rencontrer un français. Il est avec un ami qui ne parle pas français. M Azouzi me propose de rester dormir chez lui et de m’emmener demain à Prague. On s’arrête sur la route dans un centre commercial. Je reste dans la voiture et ils reviennent cinq minutes après. On reprend la route et je vois Azouzi enlever le contenu d’un portefeuille qui n’était manifestement pas le sien vu les photos à l’intérieur. Je lui demande s’ il fait le tri dans son portefeuille et il me répond que ce n’est pas le sien mais celui d’un gars qui lui devait de l’argent et qui ne voulait pas le rembourser : « je suis gentil, mais faut pas me prendre pour un con ». Il s’est donc servi lui même et la pêche est plutôt bonne, car le gars avait l’équivalent de 30 euros dans son portefeuille alors qu’il en devait autour de 40. Azouzi, a récupéré l’argent, épluché tout les documents, carte d’identité, permis de conduire, etc. à tout déchiré et balancé le portefeuille par la fenêtre. Il a ensuite fouillé la carte SIM du gars.

Bref, bien gentil le type, mais je ne me sentais pas assez en confiance pour aller dormir chez lui. Il était vraiment sympa et ne se gênait pas pour me parler de son business. Il m’a déclaré qu’il avait le chef de la police de Most dans la poche vu que c’était son beau-père et qu’en 10 ans, il était connu et respecté par tout le monde et surtout les policiers. Il conclut sur « la mafia ici, c’est moi ! ». Allez savoir la part de vérité dans tout cela… Bref, finalement, j’ai changé de plan et on est allé à la gare où j’ai pris le train pour faire les 100 derniers kilomètres. Cela m’évitait une nuit chez ce gars ou une nuit sous la tente à moins 10. C’est la première fois que je prends le train pour finir un trip en stop car j’aime le défi de tout faire en stop…D’un autre coté, je ne me voyais pas dire à Azouzi qu’il ne m’inspirait pas une totale confiance… »- tu sais, ça me fait bizarre d’être dans la voiture d’un mafieux » lui dis-je « – ah, mais c’est pas un problème, t’inquiète pas, ne pense à rien, je m’occupe de tout, soit tu prends le train, soit je t’emmène demain à Prague » et il alla au guichet pour me prendre un billet vu qu’il restait encore un train à destination de Prague. Je pris bien soin de le rembourser en euro. Sa dernière phrase fût « et si t’as besoin de quoi que ce soit, même d’argent, appelle-moi ! » Et bien, vu ce qu’il arrive au gars qui ne rembourse pas, c’est bien la dernière chose que je ferai

Je fis une super rencontre dans le train avec un gars qui ne parlait que tchèque. Il lisait un manuel pour être conducteur de train. Mes trois mots de russe furent peu efficaces, mais la communication entre nous était bien marrante. J’arrivai à Prague 2h plus tard (oui, 2h pour faire 100km, ce n’est que deux fois plus lent qu’une voiture). J’espère avoir un retour plus facile.

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3 réponses

  1. Jonatharzan dit :

    Ben mon Pierrot, j’avoue que la, en lisant tes peregrinations j’ai hallucine sur tes « erreurs strategiques ». Je compatis, par exasperation il m’est arrive de faire les memes erreurs. M’enfin bon comme dit ma copine « tout arrive pour une raison » hein ? T’aurais peut-etre pas eu de gateau au chocolat ni rencontre un mafieux. J’ai eu droit au mafieux couvert de colifichets en or en Bulgarie. Il s’arretait sur les bords de route avec les voitures qui lui faisaient signe. Puis il allait chercher des trucs dans le coffre et les filait aux mecs. Pas eu l’occas de voir ce que c’etait.

    Allez vieux, tu dois etre au Senegal la, donc je te souhaite une experience extraordinaire.
    Bisous et calins !

  2. arzur dit :

    Pas vraiment dur en soit mais moins facile que d’habitude. J’ai quand même eu pas mal de chance le premier jour.

    Quant au mafieux, j’ai bien discuté avec lui mais je ne l’ai pas trop cherché…Si il n’y avait pas eu de train, je serai resté chez lui donc j’ai préféré ne pas prendre le risque de l’agaçer avec mes questions 😉

    Et Bonne Année ! 🙂

  3. françois dit :

    Dur le trip on dirais ! Mais ça doit être sympa de rencontrer un mafieux, tu l’as un peu poussé dans la discussion pour voir jusqu’où il était louche ?

    Et au fait, bonne année 2009 et beaucoup de bonne choses 😉
    f.

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