Petites aventures sur la route 40 : De Salta à Mendoza

La route 40 traverse l’argentine du nord au sud en passant au plus près de la cordillère. En faisant un peu plus de 5000 km, elle fait partie des plus longues routes du monde. Elle est pavée par endroits, à plus l’air d’une piste à d’autre et passe par des lieux bien isolés. Autant dire que le trafic sur cette route n’a rien de vraiment favorable à l’autostop. Les quelques véhicules passant dans ces zones isolées sont souvent des locaux qui vont de leurs fermes au village le plus proche, des minibus d’agence de tourisme, des voitures de touriste remplies à ras bord et l’éventuel bus collectif qui ne passe que quelques jours par semaine. Concrètement, pour le stop, cela se traduit pas des temps d’attentes importants, se retrouver le soir dans des endroits paumés, manger la poussière de chaque voiture qui passe quand la route n’est pas goudronnée. Bref, pour moi, à pars la poussière, c’est que du fun à condition que la batterie de mon kindle ne me lâche pas et que je puisse passer mon temps à lire.

Sur la route 40

C’est par la route 40 ou en y collant au plus près de (tout dépend des lieux d’intérêts touristiques aux alentours) que je descends doucement vers la Patagonie.

Mes premiers jours sur cette route dans la région de Salta se sont passés sans surprise. Les paysages étaient superbes, il devait y avoir une voiture qui passait toutes les 15-20 minutes. Les temps d’attentes étaient super longs… Ainsi, il m’a fallu jusqu’à une journée et demie pour faire 80 km.

C’était sympa : Je me trouvais un coin à l’ombre avec une bonne vue sur la route et je lisais jusqu’à ce que j’entende une voiture arriver au loin, j’autostoppais (du verbe « autostopper »), elle passait et je retournai à ma lecture… Et cela se répétait environ toutes les 15min. De Salta à Mendoza, j’ai eu le temps de lire quasi en entier le premier livre de « Game of thrones » qui n’est pas vraiment mince. Bien captivant, j’en étais parfois presque ennuyé quand il y avait une voiture qui me coupait au milieu d’un passage intéressant… J’en ai aussi laissé passer, car j’étais trop dans mon bouquin pour les entendre arriver.

À rester assis relativement immobile au bord d’une route pendant des heures, les animaux s’habituaient à ma présence. Deux mulots se coursaient autour de moi, j’observais des oiseaux qui venaient boire dans un petit ruisseau à 2 mètres de distance, un renard est passé à côté de moi sans se presser. Bref, le stop sur la route 40, c’est comme une journée à la campagne à lire des bouquins et profiter de la nature… Il n’y a que les voitures qui viennent perturber la tranquillité du moment.

Salta – Cachi – Cafayate

De Salta, la route qui montait à Cachi vous amène dans les nuages et vous offres une vue magnifique et dégagée une fois passé le col. Cachi est un mignon petit village, mais à moins de joindre des excursions organisées, il m’est apparu compliqué d’explorer les alentours en autostop. J’aurai le plaisir d’y retrouver David, un français que j’ai rencontré à Iguaçu, retrouvé à Salta et Iruya. Après une nuit de camping sauvage, je prendrai la route pour Cafayate. Environ 150 km qui me prendront toute la journée. Après 3 heures d’attente, je suis pris en stop et mon premier conducteur, m’offrira une bière fraîche à 1h de l’après-midi, mais me demandera une participation de 20pesos pour les frais d’essence. Il avait en effet pris « en stop » une autre personne sur une petite distance et j’avais remarqué qu’elle lui avait donné de l’argent. Je lui ai donc demandé de me déposer là, car je n’avais pas compris qu’il faisait taxi (non officiel) et il m’a proposé de m’emmener jusqu’à là où il allait pour seulement 20 pesos et j’ai accepté (le bus en aurait coûté 100).

Après une petite heure d’attente, j’ai décidé de marcher juste, car les paysages (j’étais au niveau de la quebrada de la Flechas) étaient superbes et un peu d’effort physique ne fait pas de mal

Cafayate

La quebrada de Humahuaca à une plus grande diversité de couleur, mais celle de Cafayate a pour elle la taille et la diversité de formation géologique. Je ferais un aller-retour en auto-stop sur une journée pour aller la visiter.

Argentina : Quebrada de Cafayate

Je visiterai ensuite une bodega (la première quand on sort de Cafayate par la route pour Cachi) et manquerai tout juste de me faire embrasser (j’ai juste eu le temps de tourner la tête) par le guide qui était gay (bien efféminé) et m’avait proposé une visite guidée particulière, car j’étais le seul à ce moment-là. Je sentais bien qu’il avait du mal à garder ces distances et à me regarder dans les yeux, mais de là qu’il me prenne la main et tente de m’embrasser, ce n’était pas très professionnel. Je suis resté cool, mais j’aurai dû lui demander une bouteille gratuite pour le prix de la bise.

Réputé pour ses vins, ce sont plutôt le fromage de chèvres (10 pesos le fromage : en vente sur la route de la quebrada à la ferme indiquée par au panneau « se vende queso de cabras »… C’est 30 pesos à Salta) et les empenadas qui ont retenu mon attention.

Petite anecdote : J’avais oublié ma veste de pluie (genre k-way en boule) à une table d’un glacier. Je me rappelai qu’un groupe de gamin, genre en voyage scolaire, était devant le glacier quand j’étais parti. Un quart d’heure plus tard, le temps de m’en rendre compte, je retourne chez le glacier, mais la veste n’était plus là. Je pars à leurs recherches me disant que 30 gamins ne passent pas inaperçus… apparemment si, car les gens dans la rue n’ont rien vu. Après 5 min à quadriller toutes les directions et demandé aux gens s’ils les ont vus, le gars du glacier me rejoint avec une voiture. Il les cherchait aussi ! Je suggère d’aller voir la bodega la plus proche (celle où les gays embrassent les clients) et j’y retrouve le groupe en train de faire une visite guidée. En parlant avec les profs qui interrogeront ensuite des élèves, on apprend que les gamins ont bien ramassé ma veste en se disant que ce n’étaient à personne (ben voyons, ils m’ont vu partir). Un gamin me ramène ma veste, je retourne chez le glacier et me reprend une glace pour me remettre de mes émotions. Bref, c’était juste pour vous montrer à quelque point j’ai rencontré des gens super serviables, près à m’aider pour retrouver une veste. Et pour faire un peu de pub, le glacier est celui de la rue principale avec un grand panneau blanc « créateur de la glace au vin ». Il a la meilleure glace « Dulce de leche » que j’ai goûtée jusqu’là.

Ruinas de Quilmes

Après 2 nuits à Cafayate, je prends en fin d’après-midi la route pour les ruines de Quilmes. Je passerai la soirée à faire la cuisine et à discuter avec le gardien du site. Le gars n’a jamais coupé un oignon de toute sa vie et avoue qu’il a un peu faim, mais qu’il préfère attendre le matin pour rentrer chez lui et laisser sa femme lui faire à manger. Je lui apprends donc à couper un oignon et les fais frire pour agrémenter la purée instantanée.

Nuit à la belle étoile. Réveil à 3h du matin par la pluie, montage de tente en vitesse et réveil avec le soleil quelques heures après. Je visite les ruines. 5 km de marche plus tard pour retourner à la route principale, je suis pris en stop par un français qui me conseille la visite du musée de la patchamama de Amaichal del Valle. J’y vais et au final c’est cher pour ce que c’est (le créateur du musée et un artiste et plus de la moitié des salles sont consacrés à ces œuvres)

Je poursuis sur Tafi del valle. On m’avait recommandé l’endroit et à le voir de loin, c’est vrai que le cadre est joli, mais certainement pas assez pour s’y arrêter. Je décide donc de poursuivre sur la Rioja. J’y arriverai en soirée après un stop galère dans une sacrée chaleur. J’apprendrai que certains chauffeurs laissent le moteur tourné pendant qu’ils couchent avec des prostitués sur les parkings de station-service. Il avait l’air assez mécontent derrière la fenêtre quand j’ai dû le coupé en pleine action en allant frappé à la porte du camion pour lui demander s’il pouvait me prendre en stop.

J’arriverai à La rioja le soir grâce à l’aide de 2 policiers qui arrêteront un camion pour moi après 3h à discuter et être invité à boire le maté et manger des sortes de croissants. Super sympa.

La police version cool et petit croissant

Chilecito – Talampaya

Un gars rencontré à la station-service de la Rioja me conseille de passer par Chilecito pour aller voir le parc de Talampaya en me disant que la route est super sympa. Après une nuit à la belle, caché dans la zone industrielle, je prends la route de chilecito et me retrouve en début d’après-midi sur la route qui va à Villa Union, 88 km et un col plus loin. Je passerai toute l’après-midi à lire en attendant une voiture, dormirai derrière une chapelle, lirai toute la matinée du lendemain avant d’avoir un véhicule qui me prendra pour m’amener à Villa Union, une ville paumée dans un désert. La route est certes scénique, mais paraît fade comparée à celles de la région de Cafayate.

La fille qui s’occupe de l’office de tourisme est super sympa et me prêtera son vélo pour que je puisse allez faire des courses en ville (on sent qu’on est loin de tout, les légumes sont super cher et des 3 petits supermarchés, il n’y en a pas un qui vend des concombres… et comment je me fais mes salades hein ? J’y découvre l’importance de l’intonation des mots quand je demande de la purée de patates (Puré de Papa). « Papa », suivant si on accentue la dernière syllabe veut dire « patate » ou « père ». Le commerçant ne me comprenait pas. Je ramènerai des glaces pour la remercier.

Je camperai à la belle dans ce désert à côté de l’entrée du parc national de Talampaya. Il y a un vent de dingue qui soulève des quantités de poussière. Je dors dos au vent, caché par de maigres buissons et me protège le visage pour ne pas trop en respirer. Je me réveille le lendemain recouvert d’une couche de poussière. Mon sac de couchage a changé de couleur. Cela me rappelle un peu dormir dans la steppe kazakhe.

Recouvert de poussière

Je joins deux Françaises pour faire une visite guidée de la quebrada à côté du canyon de Talampaya. Un guide est obligatoire et il faut avoir un véhicule, car le canyon est à 13 km de l’entrée du parc. La visite est très intéressante et les paysages sont superbes. Cela valait le détour.

Argentina : Talampaya NP

Mendoza

Deux jours de stop plus tard, j’arriverai à Mendoza. Je suis accueilli pas la famille d’une voyageuse rencontrée à Salta. Cela fait du bien de prendre une douche après 4 jours sur la route. J’en profite pour faire réparer mes chaussures, sélectionner et sauvegarder les photos des dernières semaines et manger un peu plus sainement (enfin, c’est relatif, je viens de faire des crêpes et un far breton) 🙂 . Mendoza est sans doute la ville la plus agréable et relax que j’ai pu voir en Argentine. C’est une ville qui a un style très européen. Un système de canaux alimente en eau les nombreux arbres qui ombragent les rues. Les places publiques sont propres et ont du charme. Je m’y sens comme en Europe et pour la petite touche authentique, il y a même la police qui vire violemment les artistes de rues et vendeurs à la sauvette qui manifestent pour retrouver l’accès à la place de l’indépendance… Le maire a trouvé qu’ils ne faisant pas propre avec leurs rastas et ils ne payaient sans doute pas leurs emplacements.

Demain visite à vélo de vignoble. Après demain, en route pour St Martin de los andes 🙂

 

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