Travailler à la mode Islandaise…

Si un jour l’idée vous venait d’aller travailler en Islande, voilà un petit aperçu de ce qui m’a posé problèmes et qui pourrait vous surprendre…

Flexibilité

Mon travail en Islande se serait fait de manière bien différente en France. Flexibilité et le maître mot et s’adapter au rythme islandais m’a demandé un bon mois. Les gens avec qui je travaillais ou que je rencontrais était extrêmement flexibles voir, paraissant désorganisé. Sous une apparence de désordre, les choses bougent, mais pas forcément de la manière dont on l’imaginait, mais, comme disent beaucoup les Islandais « à la fin, tout s’arrange » et c’est vrai.

Cela explique aussi le fait qu’il relativise beaucoup les problèmes et ne s’inquiète pas avant que cela soit vraiment grave. Ceci était parfois à mon avantage, mais le plus souvent, cela me posait quelques difficulté et retard dans mon planning. À propos de planning, j’ai cessé d’en avoir un après 2 mois, car il est impossible de travailler avec des gens qui n’en ont pas. Enfin, si j’étais inquiet au début de voir certains problèmes apparaître, j’ai vite appris à les relativiser comme eux. Dans le cas contraire, il y aurait eu de quoi vivre dans une tension permanente. Il n’y a jamais de problème, juste une solution qui met du temps à apparaître.

Mes relations et contacts décidaient généralement le jour même ce qu’il allait faire. Il était facile de leur proposer un rendez-vous, mais il était risqué de fixer une échéance à plus de deux ou trois jours, car il était alors plus que probable que ce contact ai décide de faire autre chose ce jour-là et il allait m’en prévenir le jour même où la veille. Cependant, l’avantage était que je pouvais aussi fonctionner comme eux. J’arrivai ainsi au ministère en appelant une heure avant afin de savoir si mon contact était présent et s’il l’était, ce contact modifiait son emploi du temps, qu’il n’a en fait pas, pour me recevoir.

J’ai eu ainsi quelque déconvenue. À peine avais je commence à démarcher le ministère, eu un entretien et des résultats positifs, que mon principal contact prenait 3 semaines de vacances annulant ainsi les rendez-vous pris auparavant et retardant d’autant mon projet d’étude du littoral.

Bureaucratie

L’accès à un ministère est sans doute bien plus facile qu’en France. Le contexte islandais est certes différent du français : s’il n’est pas possible d’arriver sans rendez-vous dans un ministère et demander à parler à un responsable ; en Islande, ça l’est.

La structure est plus petite, les gens plus accessibles et joignables. Il n’y a aucun barrage téléphonique et il est aisé d’avoir un rendez-vous. Ceci permet d’accéder facilement aux bonnes personnes même si elles ont un haut niveau de responsabilité.

La bureaucratie semble aussi bien moins pesante qu’en France. Quasiment aucune paperasse, la confiance est de mise dans les relations. Point de garantie, de preuves papier à présenter pour justifier un avantage ou accès privilégié. Cela s’avère des plus pratiques et permet d’être rapide. Cependant, d’après Sesselja, la bureaucratie est bien présente même si elle et son ministère essayent de la limiter.

Il est aussi aisé de rencontrer beaucoup de gens « ressources ». L’Islande est un petit pays où rencontrer quelqu’un par hasard plusieurs fois par jour n’est pas si rare. Le président et les ministres font probablement les courses dans votre supermarché et vous croiserez Bjork au marché au puce.  Cela facilite grandement les prises de contact.

Après cinq mois, il m’arrivait encore d’être surpris de la facilité d’organiser certaine action comme d’être désappointé d’en voir d’autres ne jamais aboutir ou prendre un retard considérable, car mes contacts mettaient leurs flexibilités au service d’autres préoccupations comme… Les vacances ; plutôt normal à cette période de l’année.

Ponctualité

La ponctualité des Islandais est quasi inexistante. « Rendez-vous dans une heure » signifie souvent deux heures sinon trois. La minute islandaise est définitivement plus longue que la Française. Attendre quelqu’un devient une habitude d’autant que je ne n’aime pas me faire attendre dans un cadre professionnel. Néanmoins, j’ai appris après trois mois à ne plus attendre et à être productif pendant l’attente. Je commençais aussi à adopter ce retard réglementaire ce qui ne dépendait pas toujours de moi, car un rendez-vous décalé décalait bien entendu les suivants.

En résumé, après plus d’un mois, j’ai réussi à m’adapter à ce contexte culturel pour pouvoir travailler. Cette absence de planification a été au début perturbante. J’ai ensuite cessé de planifier pour fonctionner avec une simple liste de tâches que j’essayais d’accomplir quand les conditions étaient propices. Ceci laissait une porte ouverte aux inévitables impondérables et me semble plus adapté au contexte islandais.

Vous voilà prévenus 😉

Bless bless !

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