Voyager léger en MUL – Ma solution au sac trop lourd

 

Comment mon sac de voyage s’est allégé de 10 kilos tout en me donnant plus d’autonomie et de comfort?

J’ai voyagé sur plusieurs milliers de kilomètres en auto-stop (conseils et stratégies ici) avec mon sac sur le dos et, si je pourrais considérer comme une contrainte de porter un sac tout le temps, j’ai un tel sentiment de liberté à savoir que je peux dormir partout et improviser chaque jour un nouvel itinéraire que je m’accommode bien de lui.

Cette liberté vaut bien un peu de fatigue. Il n’empêche, je n’aurai pas été aussi positif il y a 3 ans, quand le manque d’expérience des premiers voyages m’avait amené à porter un sac bien trop lourd. La fatigue à la fin de la journée était alors assez pénible et ce n’est que progressivement, voyage après voyage, que je me suis allégé.

J’ai enlevé au moins dix kilos de mon sac entre mon premier petit voyage  en europe de l’est et mon retour du Sénégal en auto-stop… Dix kilos en partie d’objet inutiles ou dont l’utilité ne justifiait pas assez leur poids. Pour une autre partie, il s’agissait plutôt d’optimiser l’utilisation de chaque objet en lui trouvant plusieurs fonctions. Enfin, les derniers kilos de gagné l’auront été par le renouvellement de matériel, mais en privilégiant des modèles plus légers.

Le concept de MUL (Marche Ultra-Légère)

Mon inspiration vient pour beaucoup du concept de MUL ou marche ultralégère que j’applique au voyage. Pour citer le site de référence MUL français , il s’agit de « Randonner avec davantage de plaisir, de liberté et de sécurité en recherchant l’adéquation idéale entre le matériel, le terrain et la personne. Mélanger haute technologie et simplicité d’autrefois, retourner à l’essentiel. »

Davantage de plaisir, car en portant un sac léger, vous n’êtes pas en train de subir son poids et vous profitez pleinement de ce qui vous entoure.

Davantage de liberté, car vous êtes moins fatigué et vous hésiterez moins à allonger votre itinéraire, faire des détours ou monter un col supplémentaire.

Enfin, davantage de sécurité pour plusieurs raisons :

  • Chuter avec un sac de 20 kilos conduira plus facilement à une blessure qu’avec un sac de 10 d’autant que vous aurez bien moins de chance de vous rattraper avec un sac lourd.
  • Vos articulations souffrent moins, vous êtes moins fatigué à la fin de la journée, votre pied reste sûr et vous risquez moins de chuter.
  • En situation de survie, vous connaîtrez parfaitement votre matériel et la manière de l’utiliser, car chaque élément emporté aura été le fruit d’une importante réflexion.

La marche ultralégère est une pratique encore marginale quoiqu’en plein développement comme le prouve la mise sur le marché de produit de plus en plus léger et ultra-light. Même Décathlon s’y met car il y a désormais de plus en plus de clients pour ce type de produit.

Néanmoins, acheter des produits légers ne sert à rien si vous ne vous êtes pas posé auparavant la question de ce qui est essentiel pour vous et ce qui ne l’est pas. Vous pourrez très bien vous retrouver avec un sac de 20 Kilos de produit ultraléger et ultra onéreux pour un résultat qui sera le même que du temps où vous étiez un MUL. Oui, même acronyme, mais pour « Marcheur Ultralourd » que l’on croise souvent en montagne… Proche du mulet par certains aspects ;).

Donc avant de vous jeter sur les couverts de pique-nique en titane, la serviette microfibre légère qui sèche vite et la tente de 850gr, demandez-vous si vous en avez réellement besoin. Regardez si vous n’auriez pas déjà un équipement qui pourrait remplir plusieurs fonctions. Par exemple, le classique chèche/serviette/pantalon de rechange.

Devenir un marcheur ultraléger est une démarche personnelle. Certain ne pourront pas se passer du confort d’une vraie tente et supporteront de dormir sur matelas mousse quand d’autre se sentiront capable de dormir sous leur poncho tendu entre leurs deux bâtons de randonnée, mais ne sacrifieront pas le confort d’un matelas autogonflant. L’un n’est pas meilleur MUL que l’autre, car tous deux sont dans la même démarche : trouver ce qui est essentiel pour eux et ce qui ne l’est pas.

Une fois cet essentiel déterminé, il est alors intéressant d’étudier ce qu’il est possible de remplacer par un produit plus léger. Si 200gr ne représentent pas grand-chose en soi, 200gr enlevés de 10 pièces de votre équipement représenteront un gain conséquent et moins de fatigue à la fin de la journée.

J’aurai eu besoin de plusieurs voyages avant de sélectionner ce qui est essentiel pour moi. Une méthode simple était d’enlever tout ce que je n’avais pas utilisé pendant le précédent voyage. J’en suis maintenant à changer mes quelques pièces d’équipement soigneusement sélectionnées, pour des modèles plus légers.

En résumé, mon équipement pour ce tour du monde sera réduit à l’essentiel et composé de produit aussi léger que mon budget le permet.

Si vous souhaitez connaitre ma liste d’équipement, c’est ici.

Quel budget pour un tour du monde en MUL ?  

Quand ce projet de tour du monde ne me paraissait encore qu’un rêve irréalisable, j’allais tout de même visiter des sites de voyageurs à la recherche de conseil sur la préparation de tour du monde dès fois que l’occasion se présent. À vrai dire, fréquenter ce genre de site était peu motivant : les indications de budget minimum pour ce genre de voyage en mode touriste étaient aux alentours de 13 000€ par an. C’était aussi le genre de site qui vous donne des listes d’équipements indispensables pour voyager… du genre, le bouchon pour évier : bien pratique pour laver ses chaussettes si le lavabo de l’hôtel n’en est pas équipé.

J’aurai bien commencé par acheter un bouchon d’évier et constituer petit à petit mon équipement pour être prêt le jour où j’aurai touché le Jackpot, mais… Oh joie ! J’ai découvert entre temps une autre manière de voyager et là, pas de place dans mon sac à dos pour un bouchon d’évier. D’ailleurs, je n’en aurai pas l’utilité : je ne vais pas à l’hôtel et il n’y a généralement pas de lavabo là où je dors.

À propos, si vous êtes plutôt du genre voyageur à 13 000€ l’année, je vous conseille d’aller visiter ce site. plutôt bien fait et intéressant.

Autrement, pour ceux qui n’ont pas autant d’argent, qui se sentent capable de laver leurs chaussettes dans des lavabos non bouchés ; J’ai une bonne nouvelle : vous pouvez certainement faire un tour du monde avec deux ou trois fois moins d’argent (update : la preuve, j’ai dépenser 3000€ en 14 mois + de détails) et d’équipement que le touriste normal.

Cela sous-entend une manière bien différente de voyager, cette dernière ayant de nombreux avantages et sans doute un seul inconvénient tout relatif : il vous faudra sans doute plus de temps que le touriste d’hôtel pour faire votre tour du monde (et vos chaussettes seront sans doute plus sales que celle du touriste).

Après, il est probable que vous découvrirez tellement d’endroits et de gens sympathiques que vous prendrez le temps qu’il vous faut pour les apprécier et le temps ne sera plus un problème. Vous ne pourrez pas être un de ces touristes allant d’un site touristique à un autre et prenant aussitôt un avion pour l’étape suivante (d’où les billets d’avion « tour du monde). Non, vous, vous serez plutôt à vagabonder, profitant surtout du chemin vous menant à votre destination qui, au fond, n’était qu’un prétexte pour vivre de belles rencontres.

Il y a différentes manières de vagabonder et c’est souvent le budget du vagabond qui fait la différence par le niveau de confort recherché.  Il n’empêche que quelque soit le vagabond rencontré, il y a une chose qui ne change pas : Il a sa maison qui tient dans un sac à dos.

 

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4 réponses

  1. arzur dit :

    @ Christophe : Pour le pâté Henaff, tu sais peut être que j’arrête d’être végétarien quand je voyage mais je n’irai pas jusqu’à acheter moi- même de la viande donc non, pas de petite boîte bleu dans mon sac de tour du monde 😉
    En revanche, oui pour la flûte… Ça tombe bien que tu me le rappelle, je suis justement en train de rédiger ma liste d’équipement. D’après toi, combien pèse un Tin whistle ?

    @ Hélène et Nicolas : Merci, disons que c’est le genre d’article que j’aurai du mal à faire après mon départ donc je me dépêche un peu de les écrire.Content qu’ils vous plaisent. Sans doute que je ferai ensuite un petit article sur le concept de MUL appliqué à un tour du monde une fois que je l’aurai assez éprouvé dans ce contexte.
    Par rapport au vrai lit, paraît-il que mon matelas de sol deviendra de + en + confortable avec le temps. Il se ferait à ma morphologie… J’aurai un lit sur mesure, c’est classe non ? 😉

  2. Christophe dit :

    J’ai hate de savoir si’il y aura une boite de pate Henaff dans ta minutieuse selection… et une flute peut-etre !

  3. Hélène et Nicolas dit :

    Salut Pierre!

    Supers posts que tu as mis en ligne aujourd’hui!!!Bon courage pour la suite!!!

    Bonne soirée et profites bien d’un vrai lit avant ton grand départ!!!

  1. mars 11, 2016

    […] Pour comprendre la logique qui guide mon choix d’équipement de voyage autour du monde, mieux vaux être familiarisé au préalable avec le concept de MUL. Pour en savoir plus,  je vous invite à lire ce post sur les intérêts d’avoir un équipement léger. […]

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